Une scientifique au service des femmes vulnérables

UN Special. Mars 2013.
Vêtue de manière traditionnelle comme au Mali ou en jeans et baskets, Coumba Touré conserve toujours la réserve et l’humilité des grandes dames qui luttent pour défendre les personnes vulnérables de notre époque.

Après de brillantes études en microbiologie en Russie et de virologie en Allemagne, la jeune malienne devient chef du Laboratoire de virologie à l’Institut de Recherche de Santé à Bamako, au Mali. Puis, entraînée dans le sillon de la carrière de son mari malien rencontré à Moscou, elle devient consultante à la Banque Mondiale et jongle avec les emplois du temps de ses quatre enfants.

L’année 2000 marque son arrivée en Suisse, à Genève, où elle occupe un poste clé à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Sous son leadership, le programme africain pour la recherche d’un vaccin contre le VIH/SIDA prend une nouvelle dimension qui lui permet de coordonner les actions africaines de l’ensemble du continent. Le réseau mis en place par ses soins, lui permet également de s’établir en expert incontournable dans le domaine de l’adaptation de la recherche sur le terrain.

Le temps passant, Coumba ressent le besoin d’aider une population particulièrement vulnérable : les femmes. Entre son expérience scientifi que de laboratoire et sa grande connaissance du terrain elle souhaite formuler son soutien de manière différente. En 2010 elle créé ADA (Advanced Development for Africa) qui débute son existence par un événement en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, au Waldorf-Astoria Hotel de New York. Coumba réussit à réunir des chefs d’entreprises, des experts et une dizaine de femmes de chefs d’Etat des cinq continents autour d’un thème : les femmes connectées au profi t de la santé.

En 2011, ADA se concentre sur les programmes qui permettent de renforcer les capacités des femmes en ce siècle de nouvelles technologies. L’utilisation d’internet, du portable au profi t du développement des femmes, de la réappropriation de leurs droits, de la santé maternelle, de la lutte contre le VIH/SIDA, des maladies non transmissibles…

En 2010, Coumba Touré crée ADA Advanced Development for Africa

Avec 5,3 milliards d’utilisateurs de mobiles à travers le monde et près de 90 % de la population mondiale couverte par le système mobile sans fi l, le téléphone mobile est devenu la plateforme de communication la plus répandue.

Au cours de l’année 2012, ADA poursuit sa quête vers le développement pour les femmes du monde et en particulier celles qui vivent sur le continent africain. Une fois de plus en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’organisation défend l’accès à une vie meilleure pour la mère et l’enfant. De séminaires en conférences, Coumba Touré sillonne infatigablement la planète. Polyglotte accomplie, sa maîtrise du russe lui permet une approche plus aisée des responsables des nouvelles républiques de l’ancienne URSS qui s’inscrivent désormais dans son programme.

Cette année constitue un tournant dans la vie d’ADA, Coumba en est persuadée. La fondatrice de l’organisation ne se sent pas le droit d’abandonner toutes ces femmes dans le contexte mondial actuel. Elle a décidé de mettre à la disposition de ces personnes vulnérables son réseau constitué d’agences du système des Nations Unies, de bailleurs de fonds privés et d’organisations non-gouvernementales.